Deux couvreurs apparaissent dans Google Maps.
Le premier possède 12 avis.
Le second en possède 87.
Avant même de comparer leurs sites, leurs méthodes ou leurs devis, le prospect dispose déjà d’une première information :
des dizaines de clients ont fait appel au deuxième et ont pris le temps de raconter leur expérience.
Cela ne signifie pas automatiquement que cette entreprise est meilleure.
Mais lorsqu’un particulier cherche un plombier, un couvreur ou un climaticien qu’il ne connaît pas, les avis réduisent une partie de l’incertitude.
Et dans le bâtiment, cette incertitude peut être importante.
Le client va parfois confier plusieurs milliers d’euros de travaux à une entreprise découverte quelques minutes auparavant sur Google.
Les avis jouent donc simultanément plusieurs rôles :
ils contribuent à la présence locale, renforcent la confiance et peuvent faciliter le passage entre « j’ai trouvé cette entreprise » et « je vais lui demander un devis ».
C’est pourquoi je ne considérerais jamais la collecte d’avis comme une simple action ponctuelle de Google Business Profile.
Elle doit faire partie du fonctionnement commercial normal de l’entreprise.
Les avis ne servent pas uniquement à obtenir cinq étoiles
La première erreur consiste à considérer l’avis comme une note.
4,8 / 5.
C’est utile.
Mais ce qui se trouve sous la note peut être beaucoup plus intéressant.
Comparez :
Très bonne entreprise, je recommande.
avec un avis expliquant qu’un client a fait appel à un couvreur pour rénover la toiture d’une maison, que le chantier a été proprement réalisé et que l’équipe a répondu clairement à ses questions.
Pour le futur client, le deuxième témoignage apporte beaucoup plus d’informations.
Il décrit une situation réelle.
Et il répond implicitement à plusieurs interrogations :
Ont-ils déjà réalisé un chantier similaire au mien ?
Le travail semble-t-il sérieux ?
Comment se passe la relation avec l’entreprise ?
L’avis devient une preuve.
Pas simplement une étoile.
Ce que les avis peuvent réellement changer dans le référencement local
Google explique que ses résultats locaux reposent principalement sur trois facteurs :
pertinence, distance et proéminence.
Les avis interviennent notamment dans cette dernière dimension.
Google indique que le nombre d’avis et les notes positives peuvent aider le classement local d’un établissement.
Il faut cependant éviter une conclusion trop rapide :
« celui qui a le plus d’avis sera premier ».
Ce n’est pas ce que Google dit.
Vous pouvez avoir davantage d’avis qu’un concurrent et rester derrière lui sur certaines recherches.
Pourquoi ?
Parce que Google tient également compte de la pertinence de l’établissement par rapport à la requête et de sa distance par rapport à la personne qui recherche.
Un artisan ne doit donc pas construire sa stratégie autour d’une course au compteur.
Les avis sont un élément du dispositif, pas le dispositif entier.
Les avis ont aussi un rôle beaucoup plus simple : augmenter la confiance
Prenons une personne qui recherche :
« installateur climatisation Montpellier ».
Elle trouve trois entreprises.
Même si les trois fiches sont visibles, elle doit encore choisir laquelle examiner.
À ce stade, elle peut regarder :
la note ;
le nombre d’avis ;
les commentaires ;
les photos ;
les réponses de l’entreprise.
Le référencement a permis d’être présent.
La réputation aide ensuite à obtenir le clic ou l’appel.
C’est une distinction importante.
Un bon SEO n’a pas seulement pour objectif :
être vu.
Il doit aussi augmenter les chances que la visibilité produise une action.
À quel moment demander un avis après un chantier ?
Je ne chercherais pas un délai magique valable pour tous les métiers.
Je chercherais plutôt le moment où le client vient de constater la valeur du travail réalisé.
Pour un dépannage :
cela peut être juste après la résolution du problème.
Pour une installation de climatisation :
après la mise en service et les premières explications.
Pour une rénovation de toiture :
après la réception du chantier.
Pour un projet plus long :
éventuellement après la livraison finale.
Le meilleur moment n’est donc pas nécessairement :
« sept jours après la facture ».
C’est le moment où l’expérience est encore fraîche et où le client est capable de l’évaluer.
La demande doit ensuite être simple.
Simplifier au maximum le dépôt d’un avis
Ne demandez pas :
Vous pourriez rechercher notre entreprise sur Google, cliquer sur la fiche, puis trouver l’endroit où laisser un avis ?
Vous ajoutez inutilement des étapes.
Google permet directement de générer un lien ou un QR code de demande d’avis depuis Business Profile. Ce lien peut notamment être envoyé par email ou utilisé via QR code.
Pour un artisan, cela permet de construire quelque chose de très simple.
Après le chantier :
Merci pour votre confiance. Si vous souhaitez partager votre expérience, vous pouvez laisser un avis ici : [lien]
C’est tout.
Pas besoin d’un discours compliqué.
Le client clique et arrive directement au bon endroit.
Où placer cette demande ?
Je l’intégrerais dans le processus existant plutôt que de demander à l’artisan d’y penser manuellement après chaque chantier.
Par exemple, elle peut apparaître :
- dans l’email de fin d’intervention ;
- dans le message de remerciement ;
- sur certains documents remis au client ;
- via un QR code approprié ;
- dans le CRM lorsque la mission passe en statut terminé.
Google cite précisément les emails de remerciement, les reçus et les QR codes parmi les moyens possibles de partager le lien de dépôt d’avis.
L’objectif est de transformer :
« il faudrait que je pense à demander un avis »
en :
étape normale du parcours client.
Pourquoi il ne faut pas demander uniquement aux clients satisfaits
C’est une pratique tentante.
Vous demandez d’abord :
Êtes-vous satisfait ?
Si la réponse est oui :
Laissez-nous un avis Google.
Si la réponse est non :
Envoyez-nous votre commentaire en privé.
C’est ce qu’on appelle généralement du review gating.
Et ce n’est pas une bonne stratégie.
Google interdit notamment aux entreprises de décourager les avis négatifs ou de solliciter sélectivement des avis positifs auprès de certains clients.
La bonne logique est donc :
demander un retour de manière neutre aux vrais clients.
Vous ne contrôlez pas la note.
Vous construisez un processus fiable.
Cela produit également une réputation beaucoup plus crédible.
Peut-on offrir une remise contre un avis ?
Non.
Pas :
5 % sur votre prochain entretien contre un avis.
Pas :
une carte cadeau pour les clients qui laissent cinq étoiles.
Pas :
un avantage en échange de la modification d’un avis négatif.
Google interdit les avis obtenus contre une récompense, une réduction, un produit ou un service gratuit.
Les conséquences peuvent aller au-delà de la simple suppression des avis concernés.
Google indique que les profils enfreignant sa politique contre les faux engagements peuvent notamment être temporairement empêchés de recevoir de nouveaux avis, voir certains avis masqués ou afficher un avertissement concernant la suppression de faux avis.
Pour gagner quelques commentaires supplémentaires, le risque n’en vaut évidemment pas la peine.
Faut-il demander au client d’écrire « couvreur Montpellier » dans son avis ?
Je ne le ferais pas.
Écrire au client :
Pouvez-vous mentionner « couvreur Montpellier », « rénovation toiture » et le nom de votre quartier ? transforme une demande d’avis en instruction SEO.
Google interdit d’ailleurs de demander aux clients d’inclure un contenu spécifique dans leur avis.
En revanche, on peut poser une demande neutre :
Si vous souhaitez laisser un avis, n’hésitez pas à raconter votre expérience.
Un véritable client va naturellement parler de ce qu’il a vécu.
Il pourra dire :
Nous avons fait refaire notre toiture…
ou :
Intervention sur notre climatisation…
sans que l’entreprise lui dicte son vocabulaire.
C’est beaucoup plus naturel.
Comment répondre aux avis sans écrire 50 fois « merci » ?
Deuxième problème classique :
Merci pour votre avis.
Merci beaucoup.
Merci pour votre retour.
Puis 80 fois la même chose.
Google recommande des réponses professionnelles, pertinentes, plutôt courtes, et conseille de ne pas transformer chaque réponse en message promotionnel.
Je répondrais donc en fonction du contenu.
Par exemple :
Merci pour votre retour. Nous sommes ravis que le remplacement de votre toiture et le suivi du chantier aient répondu à vos attentes.
La réponse reste naturelle.
Elle montre que quelqu’un a réellement lu le commentaire.
Et pour un futur prospect parcourant les avis, cela montre aussi une entreprise attentive.
Faut-il répondre à tous les avis ?
Je privilégierais surtout la qualité.
Google indique que les réponses montrent aux clients que leurs commentaires comptent, mais précise également qu’il n’est pas indispensable de publier un remerciement générique sous chaque avis si vous n’avez rien de particulier à ajouter.
Pour un artisan avec une vingtaine d’avis, répondre personnellement à la majorité est relativement simple.
Pour une entreprise possédant des centaines de commentaires, mieux vaut quelques réponses réellement utiles que deux cents copier-coller.
Que faire d’un avis négatif ?
Première chose :
ne pas paniquer.
Un avis négatif réel n’est pas automatiquement catastrophique.
Google indique même qu’un ensemble équilibré de retours peut sembler plus crédible aux consommateurs.
La bonne réponse dépend évidemment de la situation.
Si l’entreprise a commis une erreur :
reconnaître le problème et expliquer la solution peut être plus efficace que de nier.
Si le problème vient d’un malentendu :
clarifier calmement.
Si la discussion nécessite des données personnelles ou un dossier complexe :
inviter le client à poursuivre directement avec l’entreprise.
Google recommande notamment de protéger la vie privée, de rester professionnel et d’éviter les attaques personnelles dans les réponses aux commentaires négatifs.
Votre réponse n’est d’ailleurs pas seulement destinée à la personne mécontente.
Elle sera également lue par vos futurs clients.
Et si l’avis est faux ?
C’est différent.
Un commentaire qui ne correspond pas à une véritable expérience ou qui enfreint les règles Google peut être signalé.
Mais il faut distinguer :
un avis négatif
et :
un avis contraire aux règles.
Un client réellement mécontent a le droit d’exprimer une mauvaise expérience.
Le simple fait de ne pas être d’accord avec lui ne rend pas son avis faux.
Google précise que les commentaires doivent refléter une expérience authentique et interdit les faux engagements, les conflits d’intérêts et certaines pratiques manipulatoires.
Les avis ne doivent pas rester enfermés dans Google
C’est ici que la stratégie devient plus intéressante.
Vous avez obtenu un excellent témoignage après une rénovation de toiture.
Pourquoi le laisser uniquement dans Google Maps ?
Avec l’accord nécessaire et une utilisation correctement attribuée, ce type de preuve peut aussi inspirer la façon dont vous construisez vos pages commerciales.
Par exemple, sur :
Rénovation de toiture
vous pouvez présenter des témoignages liés à cette prestation.
Sur :
Climatisation
des retours concernant des installations de climatisation.
Sur une page locale :
des preuves provenant de clients réellement accompagnés dans cette zone lorsque vous disposez de ces témoignages.
Le site cesse alors d’utiliser un bloc générique :
« Nos clients nous font confiance »
avec trois avis choisis au hasard.
Les preuves sont placées à proximité de la décision qu’elles doivent rassurer.
Relier avis, réalisations et pages prestations
Prenons un couvreur.
Un chantier réel peut produire :
une réalisation
Réfection d’une toiture en tuiles à Montpellier.
des photos
avant / pendant / après.
un avis
du propriétaire.
un lien
vers la page Rénovation de toiture.
Le tout forme un ensemble extrêmement cohérent.
La page prestation explique ce que vous faites.
La réalisation montre que vous l’avez déjà fait.
Le témoignage montre qu’un client réel en est satisfait.
Le CTA propose de demander un devis.
On sort complètement du SEO abstrait.
On construit un parcours de confiance.
Faire la même chose avec les pages locales
Même logique sur la géographie.
Si une entreprise intervient régulièrement à Nîmes et possède :
- plusieurs chantiers ;
- des photos ;
- des témoignages ;
- des clients ;
- alors la page locale dispose progressivement de vraie matière.
C’est exactement ce qui permet de différencier une page utile d’une page où seul le nom de la ville change.
Dans notre article précédent sur les zones d’intervention, nous avons vu que la présence locale devait reposer sur une réalité opérationnelle.
Les avis sont justement l’une des preuves de cette réalité.
Avis Google et avis sur le site : ce n’est pas exactement le même rôle
Un avis sur Google bénéficie de l’écosystème Google et participe à la réputation publique de la fiche.
Un témoignage affiché sur votre site permet davantage de contrôler où la preuve intervient dans le parcours.
Les deux sont complémentaires.
Google peut montrer :
4,8 ★ — 67 avis.
Votre site peut ensuite montrer :
« Installation d’un système multi-split dans notre maison. Équipe ponctuelle et explications très claires. »
directement à côté de votre page Installation climatisation.
C’est beaucoup plus puissant qu’un simple compteur.
Combien d’avis faut-il ?
Je ne fixerais aucune valeur magique.
Il n’existe pas de seuil officiel du type :
30 avis = top 3.
Je regarderais plutôt :
- votre marché ;
- vos concurrents ;
- le rythme réel des chantiers ;
- la qualité des retours ;
- la régularité du processus.
Une petite entreprise qui réalise cinq projets par mois n’a évidemment pas le même potentiel de collecte qu’une entreprise réalisant cinquante interventions hebdomadaires.
L’objectif n’est pas d’obtenir artificiellement le même volume que le concurrent.
C’est de transformer progressivement une proportion raisonnable de vos expériences clients réelles en témoignages publics.
Quels indicateurs suivre ?
Je ne suivrais pas uniquement le nombre total d’avis.
Je regarderais notamment :
Volume total
La base de réputation construite.
Évolution
La collecte fonctionne-t-elle encore ?
Note moyenne
Sans en faire une obsession.
Qualité des commentaires
Les clients décrivent-ils réellement leur expérience ?
Réponses
L’entreprise entretient-elle la relation ?
Puis surtout :
performance locale.
- Est-ce que les recherches pertinentes progressent ?
- La fiche génère-t-elle davantage d’interactions ?
- Le site reçoit-il davantage de trafic local ?
- Les demandes de devis évoluent-elles ?
C’est la combinaison de ces informations qui permet d’évaluer la stratégie.
Construire une vraie routine d’avis clients
Si je devais mettre en place ce système chez un artisan demain, je ferais quelque chose de très simple.
À la fin de chaque chantier terminé :
le client reçoit son email ou message habituel.
On ajoute une demande neutre de retour avec le lien Google.
Si le client laisse un avis :
l’entreprise répond lorsque cela apporte quelque chose.
Lorsqu’un témoignage est particulièrement pertinent :
on identifie à quelle prestation ou réalisation il peut également servir sur le site, dans le respect de son utilisation.
Puis, chaque mois :
on vérifie les nouveaux avis et les éventuels retours négatifs qui nécessitent une réponse.
C’est tout.
Pas de campagne complexe.
Pas d’achat d’avis.
Pas de cadeaux.
Pas de faux profils.
Pas de message demandant cinq étoiles.
Une routine simple peut produire progressivement beaucoup plus de valeur qu’une opération artificielle visant à récupérer vingt avis en trois jours.
Le meilleur avis est celui que vous méritez avant de le demander
Il reste enfin un point que le SEO ne peut pas corriger.
Si :
- personne ne répond au téléphone ;
- les délais ne sont jamais respectés ;
- le chantier est laissé sale ;
- les clients restent sans nouvelles ;
un QR code ne résoudra pas le problème.
La collecte d’avis amplifie l’expérience.
Elle ne la remplace pas.
C’est précisément ce qui rend cette stratégie intéressante.
Les meilleurs signaux locaux se construisent souvent autour d’une réalité commerciale saine :
une activité clairement présentée, des chantiers réels, des clients satisfaits, une présence locale cohérente et un processus suffisamment simple pour leur permettre de partager leur expérience.
Pour un artisan, les avis Google ne doivent donc pas être considérés uniquement comme une technique pour « monter dans Maps ».
Ils constituent le lien entre référencement local, réputation et conversion.
Et c’est lorsque ces trois dimensions fonctionnent ensemble qu’ils deviennent réellement intéressants pour générer davantage de demandes de devis.